C’est bientôt Noël,  et malgré le contexte de crise actuel, pour beaucoup d’entre vous, Noël est synonyme de sapins, de crèches et de cadeaux. Mais en réalité, que signifie vraiment Noël ? Une simple fête commerciale ? Un rassemblement familial ? Ou une simple tradition chrétienne ?  En cette période de festivité, j’ai souhaité attiré votre attention sur la singularité et le cœur d’Antoni Gaudí.

Antoni Gaudí

Ce qu’il faut savoir :

À première vue, Antoni Gaudí i Cornet, est né le 25 juin 1852 à Reus. C’est un architecte catalan et le principal représentant de l’Art nouveau du modernisme catalan.

Or, Gaudí n’est pas seulement un architecte. Pour mieux le qualifier, je dirais que c’est un architecte-artiste !

Quoi qu’il en soit, son travail a marqué de façon durable l’architecture de Barcelone et elle demeure encore à ce jour, l’âme de la capitale. Si vous allez à Barcelone, vous verrez ses chefs d’œuvre dans toute la ville. 

Parc Güell d’Antoni Gaudí

Tellement que sept de ses œuvres ont été inscrites par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’Humanité : le parc Güell, le palais Güell, la Casa Milà, la Casa Vicens, la façade de la Nativité et la crypte de la Sagrada Família, la Casa Batlló et la crypte de la Colonia Güell.

La casa Vicens

Sa singularité architecturale

C’est-à-dire, qu’il traitait la structure, l’architecture, la décoration intérieure, ses fonctionnalités ainsi que le revêtement de la façade de l’immeuble. Gaudí était un sculpteur de l’architecture.

La Casa Milà et le portrait de Gaudí

Mais c’est aussi un architecte de l’Art nouveau, peu orthodoxe, avec un style très personnel et facilement identifiable.

Ses réalisations sont ondulantes, asymétriques, sans angles droits, avec un style organique inspiré par la nature.

Façade Casa Batlló à gauche

En définitive, l’architecture de Gaudí est marquée par la recherche de nouvelles structures. Il innove par l’étude et la pratique d’idées nouvelles et originales.

Gaudí : un chrétien ?

À vrai dire, toute l’œuvre de Gaudí est le reflet des quatre passions de sa vie :

  • l’architecture,
  • la nature,
  • sa foi en Dieu
  • Et l’amour de la Catalogne.

En effet, Gaudi avait trouvé le salut en Jésus-Christ, et a consacré sa vie, comme une offrande à Dieu, en mettant son service à la gloire du Créateur. (Romains 10.9-10 ; Jean 6.69-71 ; Actes 8.37 ; Hébreux 6.10 ; Néhémie 5.19 ; 1 Thessalonicien 1.3 ; 1 Jean 4.15 ).

A. Gaudí

D’ailleurs, c’est en 1899 que Gaudí devint membre du Cercle artistique de Saint-Luc, une société artistique catholique. Ce groupe avait des valeurs telles que : « Seules pouvaient être membres les personnes de plus de seize ans, catholiques, et de bonne moralité », le cercle prohibait aussi les jeux de cartes ou de dés. Autre mesure, l’interdiction du modèle de nu féminin dans les classes de dessins, fut appliquée jusqu’en 1909. Cette prohibition fit l’objet d’une critique satirique par la revue L’Esquella de la Torratxa. Il s’affilia également à la Ligue Spirituelle de la Mère de Dieu de Montserrat, groupe catalaniste également de tendance catholique.

Véritablement, Gaudí était un chrétien conservateur avec une profonde spiritualité, et un fervent défenseur de l’identité culturelle du peuple catalan.

Gaudi : un artiste résilient !

Par ailleurs, c’est à la d’une longue période de deuil, que l’architecte se rapprochera davantage de Dieu. Car, en 1912, sa nièce meurt. En 1914, ce fut le décès de son collaborateur. En 1915, une grande crise économique entraîna l’arrêt du chantier de la Sagrada Família. Son ami l’évêque de Vic, meurt en 1916.

Puis en 1917, le chantier de la Colonia Güell fut interrompu ; et en 1918, son ami et mécène Eusebi Güell décède.

Entrée de la Colonia Güell

Si bien, dans sa soixante-troisième année, il se consacra entièrement à son église la « Cathédrale des pauvres », et se réfugia dans son travail, et ce, jusqu’à sa mort.

D’ailleurs, Gaudí dira :

Mes grands amis sont morts. Je n’ai pas de famille, ni de client, ni de fortune, ni rien. Donc, je peux me livrer entièrement au Temple ».

A.Gaudí

Ainsi, en dehors de cet édifice, il voua toute sa vie à servir Dieu au travers de sa profession. En 1916, il participa notamment à un cours de chant grégorien, au Palais de la musique catalane. 

En réalité, Gaudí est toujours resté célibataire. Même si dans sa jeunesse, il s’intéressa à une institutrice, mais celle-ci fut indifférente à ses avances.

Désormais, Gaudí trouva un refuge dans la foi, ainsi qu’une grande sérénité spirituelle.

Gaudí, lors d’une cérémonie.

Ainsi, durant sa vieillesse, il vécut avec simplicité, portant des vêtements d’occasion, avec un aspect négligé, au point qu’on le prenait parfois pour un clochard, comme ce fut malheureusement le cas le 7 juin 1926.

A.Gaudí  : une vie dans l’éternité !

Alors qu’il se rendait à l’église de Saint-Philippe Néri, où il allait les jours pour prier, mais en passant par la Gran Via de les Corts Catalanes,  il fut renversé par un tramway, qui le laissa sans connaissance.

A.Gaudí, au centre.

Sous prétexte que, l’artiste-architecte n’avait pas de papiers, il ne fut pas secouru immédiatement, jusqu’à ce qu’un policier arrête un taxi, qui le conduisit à l’Hôpital Santa Creu, un lieu où l’on soignait les SDF. Le jour suivant l’incident, le chapelain de la Sagrada Família, le reconnut, mais il était trop tard pour le sauver. Gaudí mourut le 10 juin 1926, à 74 ans à Barcelone, au sommet de sa carrière.