Georges Rouault est un artiste français, qui a vécu dans le confinement, dès sa naissance. C’est ainsi, qu’il naît à Belleville, le 27 mai 1871, au milieu d’une guerre civile. Paris et sa banlieue sont sous les bombes, c’est la semaine sanglante de mai 1871. Alors que Belleville est mise à sac par les Versaillais, la maison familiale des Rouault est touchée. Ainsi, pour protéger le nouveau-né, le clan se réfugie dans la cave. Dès lors, ils seront en confinement. Découvrons-le ensemble comment le petit la famille Rouault a surmonté cette crise 

Portrait de Paul Verlaine, 1937

Rouault, né dans le confinement

Effectivement, l’épreuve du confinement, ajouté au contexte chaotique de 1871, impactera la peinture de Rouault.

Georges Rouault dans son atelier

Il dira :

 Je crois (…) au milieu des massacres, des incendies et des épouvantements, avoir de la cave où je suis né gardé dans les yeux et dans l’esprit, la matière fugitive que le bon feu fixe et incruste »

Lettre à A.Suares, 27 avril 1913.

Le confinement ou la révélation d’une vocation

Malgré ce triste contexte de confinement, le jeune Rouault, reçoit une bonne éducation. Alors que son père est vernisseur de piano, son grand père-maternel est un amoureux des peintres d’avant-garde, tel que Manet. Il initie son petit-fils à la peinture.

À l’âge de 14 ans, Rouault entre en tant qu’apprenti chez un peintre verrier tout en suivant des cours du soir aux arts décoratifs. Par la suite, il est embauché comme fabriquant de plombs dans un atelier de restauration de vitraux. Il est captivé par cet art.

Ces expériences enrichiront ses prochains tableaux.

Il remplacera ces rubans de plombs qui ornent les couleurs des vitraux, par des épais contours noirs.

Cette nouvelle technique artistique sera révolutionnaire et fera tout son succès.

Autoportrait de G.Rouault
L’Apprenti ouvrier, 1925

Du confinement à la destinée

Toutefois, avant d’affirmer son style pictural, il entre à l’école des Beaux-arts à sa vingtième année.

Le mentor G.Moreau et l’élève G.Rouault

Le célèbre peintre Gustave Moreau, sera son professeur, et son mentor. C’est lors de cette rencontre divine de 1892, et sur la base d’une amitié fusionnelle que sera bâtie leur relation. Le talent et la sincérité de Rouault, feront de lui, l’élève favori de Moreau. À tel point, qu’il appuiera sa candidature dans divers événements artistiques, et ce malgré ses opposants. Jusqu’à la fin de sa vie, Moreau aura une affection paternelle pour son élève.

Samson tournant la meule

Bien que Rouault ait été baptisé enfant, il a eu une éducation laïque. Néanmoins, c’est seulement à 24 ans qu’il sortira de son confinement et il fera sa première communion.

C’est dans cette période, qu’il se présente au prix de Rome de 1895, pour la deuxième fois, avec une œuvre intitulée Le Christ mort. De même qu’en en 1892 avec Samson tournant la meule, le jury le disqualifie.

Libre du confinement académique

À l’instar de tous les grands peintres, le style de Rouault détonne avec son époque. Le jeune peintre favorise la couleur ainsi que la matière plutôt que le dessin, plus conformiste.

C’est suite à ces deux échecs au prix de Rome, qu’il décide, sous le conseil de son mentor de quitter l’école des Beaux-arts. Ainsi, il peut exprimer son art plus librement et s’affranchir de tout confinement académique.

Le bon Samaritain

Durant ces années hors de l’établissement, Rouault exprime sa foi au travers de son art. Il illustrera les thèmes comme Le bon Samaritain en 1895, Le Christ mort pleuré par les Saintes femmes en 1897, etc.

Tel un visionnaire, Moreau dira à Rouault :

Vous aimez un art grave et sobre et, dans son essence, religieux, et tout ce que vous faites sera marqué de ce sceau ».

Chaos vs Foi

Néanmoins, en 1898, deux événements tragiques s’abattent sur le jeune peintre. Gustave Moreau meurt, et les parents de Rouault partent à Alger rejoindre leur fille devenue veuve.

Livré à lui-même, face à une solitude pesante, le peintre se tourne de nouveau vers le Seigneur. Cette fois, il se retire en confinement dans une abbaye pour se rapprocher de Dieu. Après son séjour, il se convertit définitivement au christianisme.

Durant les années qui suivront, il nouera des amitiés profondes et durables avec des artistes chrétiens dont l’écrivain et critique d’art Huysmans, l’écrivain Léon Bloy, ainsi que le couple de philosophes Jacques et Raïssa Maritain.