Certaines nuits, dans un des quartiers pavillonnaires de Pasadena, on pouvait entendre la voix du bluesman, Muddy Waters. Cette voix rauque provenait de l’atelier de Richard Bunkall, un peintre californien renommé. Durant l’été 1999, Sad Sad Day, fut le titre qui accompagna le peintre dans son travail… Entrecoupé toutefois, par les aboiements de William, son fidèle spitz allemand. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, Richard Bunkall n’était pas animé d’un spleen, il souffrait d’une SLA. Condamné par la maladie, l’artiste tenta l’impossible pour terminer son œuvre et la vendre, pour mettre sa famille à l’abri du besoin, après son départ.  Y est-il parvenu ? Découvrons-le ensemble

Richard Bunkall dans son atelier

Richard Bunkall dans la maladie

Assurément, en voyant son mari travailler d’arrache-pied, tous les soirs, la femme de Richard Bunkall, rappela ceci :

… Une fois devenu vieux, Matisse était tellement handicapé par son arthrite, qu’il ne pouvait plus de tenir son pinceau. Et ses assistants avaient été obligés de le lui attacher. Il disait qu’on ne peint pas avec ses mains, mais avec son cœur. »

citation extrait du film Le tableau inachevé

Effectivement, à la fin de sa vie, malgré son état de santé, Richard Bunkall travaillait intensément, persuadé qu’il aurait le temps de finir ses 12 tableaux, pour sa dernière exposition.

Oui, mais voilà, à ce moment-là, il peinait à finir la deuxième toile. Car l’altération de ses mains, de ses jambes, et de son insuffisance respiratoire progressait de jour en jour.

Finalement, tenace et habitué à travailler seul, il se procura un fauteuil roulant électrique, et se fit aider par un assistant, pour achever ses tableaux.

Richard Bunkall dans le feu

Pourtant, un soir, alors qu’il parvenait presque à toucher son but, seul dans son atelier, épuisé, Richard Bunkall s’assoupit sur son fauteuil électrique.

Malheureusement, son bras se relâcha sur le levier de vitesses du guidon. Le siège s’avança automatiquement et cogna contre le tréteau, qui renversa le bidon de diluant sur les bougies qui éclairait sa toile… Naturellement, le feu se propagea rapidement dans tout l’atelier.

Le spitz allemand de Richard Bunkall, devant Watchmen

Heureusement, les jappements de William, le réveillèrent. Portant un masque nasal au moment du drame, Richard fut sauvé in extremis par ses proches, ses toiles elles, furent toutes détruites dans l’incendie. Enfin, sauf une…

Le tableau de la provision

Finalement retrouvé, intact, sous un amas de débris calcinés, le tableau rescapé des flammes, fut baptisé : Watchmen.

Tel un signe du ciel, en haut de la toile, on pouvait lire : And flights of angles sing thee to thy res (et des myriades anges chantent…).

Watchmen54” x 76”,  huile sur toile , 1998

Néanmoins, bien qu’il peignît jusqu’à son dernier souffle, Richard Bunkall, ne parvint pas, a achevé cette toile.

Et pourtant, le tableau fut vendu, après son décès.

Ainsi, à lui tout seul, Watchmen, pourvu largement aux besoins de la famille de l’artiste américain.

Toutefois, pour mieux comprendre l’histoire miraculeuse de ce tableau, je vous invite à visionner : le tableau inachevé, un film-série de 45 min, inspiré de la vie de Richard Bunkall.

Pourquoi un article sur Richard Bunkall ? Eh bien, à défaut de publier un article journalistique qui commente l’actualité, j’ai préféré vous partager une histoire remplie d’espérance. Chers Artistes, ne fixez pas vos yeux sur les circonstances actuelles, sur le gouvernement ou le ministre de la Culture face à la crise… Mais sur celui qui peut pourvoir largement à tous vos besoins.  Shalom !

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